La course folle de la désinformation

15 décembre 2022
Jacques Englebert

Jacques Englebert signe un article sur « les fausses informations » dans la livraison de novembre 2022 d’Espace de liberté, le magazine du Centre d’Action Laïque

Le Constat

Il n’est plus contestable que les réseaux sociaux soient devenus un champ de prédilection pour la propagation des fake news visant à tromper délibérément le plus d’internautes possibles, spécialement sur des questions alimentant des sujets d’intérêt public, tels que les élections, les crises sanitaires ou énergétiques, les conflits armés, etc.

Ainsi Bolsonaro peut-il en toute impunité déformer le programme politique de son concurrent à l’élection présidentielle, en diffusant des messages prétendant que Lula soutient « l’invasion des églises évangéliques et la persécution des chrétiens dans le pays » ou qu’il prévoit de faire assassiner son adversaire.

Concernant l’actuelle crise énergétique, l’hebdomadaire Knack a récemment identifié une théorie en vogue sur les réseaux sociaux, selon laquelle il s’agirait d’une « crise organisée » visant à « appauvrir volontairement la population », pour preuve l’affirmation que « des scooters électriques auraient été inventés il y a cent ans, mais auraient été “cachés” par des élites qui veulent gagner de l’argent ».

Pour sa part, Poutine peut (tenter de) justifier l’invasion de l’Ukraine pour la « dénazifier » et pour prévenir la commission imminente d’un génocide des Ukrainiens russophones.

La faute aux algorithmes

Le phénomène est devenu viral. Il ne doit toutefois rien au hasard.

Pour s’en convaincre, il faut absolument regarder le film documentaire de Jeff Orlowski, The Social Dilemma, où d’anciens responsables de Google, Facebook ou YouTube notamment, mais aussi des investisseurs et des experts du Net, confirment que ce sont des algorithmes, conçus à cette fin, qui donnent à la désinformation une ampleur sans précédent, sans doute incontrôlable et incontestablement dangereuse pour les démocraties.

Lire l’article complet sur le site d’Espace de libertés