Pour la deuxième fois, Bruxelles Laïque s’est associée à la Ligue des droits humains pour proposer un procès-fictif dans le cadre du Festival des libertés, le lundi 25 octobre 2021 au Théâtre National. Cette année, il s'agissait de faire le procès des mesures prises pour lutter contre la pandémie dans les maisons de repos.
Au travers de cette expérience, la Ligue des droits humains et Bruxelles Laïque proposaient d’interroger autrement les mesures sanitaires décidées par les gouvernements pendant la pandémie. Ce procès mis en scène a permis de poser la question de leur pertinence et de leurs limites. Jusqu’où peut-on aller pour défendre le droit à la santé ? Ces mesures d’urgence pouvaient-elles prendre en compte les situations individuelles (socio-économiques, d’âge, etc…) ?
L’autre sujet soulevé dans le cadre de ce procès-fictif porte sur les conditions de vie des personnes qui vivent en maison de repos. Comment vivent ces personnes vulnérables, trop souvent placées dans une situation de dépendance et d’infantilisation.
Par ailleurs, au-delà du sujet, ce procès-fiction était aussi l’opportunité de montrer le fonctionnement de la justice pénale qui peut parfois paraître complexe. Quels sont ses codes ? À quoi sert le procureur ? Que plaident les avocats ? Ce procès-fictif comporte aussi une dimension pédagogique pour le public, qui à l’issue du spectacle était invité à prononcer le verdict !
Le « procès » de Mme Deroy a donc eu lieu ce 25 octobre !
Frédéric Wouters qui a perdu sa mère pendant le confinement, morte de ne plus recevoir la visite de son fils, avait déposé plainte contre la directrice de la maison de repos, Mme Deroy. Le Parquet lui avait emboîté le pas. Les préventions retenues étaient traitement inhumain et dégradant et homicide involontaire.
La directrice du home était-elle coupable ou pas ?
À l’issue de « l’audience », le public l’a déclarée non-coupable !
Jacques Englebert a eu l’honneur et le grand plaisir de participer à cette expérience en assumant le rôle de l’avocat de la défense.
Il a adopté la stratégie préconisée par l’avocat français Marcel Willard : la défense accuse. Pour mettre en cause la responsabilité du néo-libéralisme et celle de nos dirigeants politiques et dénoncer les poursuites contre une seule directrice d’un home alors qu’en octobre 2020, on déplorait 6.467 victimes parmi les résidents de homes…
Il s’est retrouvé sur la grande scène du National avec sa consœur Thérèse De Man-Mukengé, qui assumait le délicat rôle de l’avocate de la partie civile, avec Céline Nieuwenhuys, secrétaire générale de la Fédération des Services Sociaux et Marius Gilbert, épidémiologiste à l’ULB qui, en qualité de « témoins », ont apporté leur éclairage sur le sujet.
Et avec les excellentes comédiennes et comédiens :
- Sophie d’Hondt, dans le rôle de la directrice du home, prévenue
- Marc de Roy, dans le rôle du fils de la défunte, partie civile
- Philippe Moens, dans le rôle du président du tribunal
- Elsa Erroyaux, dans le rôle de greffière
- Dominique Gérard, dans le rôle du procureur du Roi
- Renaud Henrard, dans le rôle du médecin légiste
La mise en scène et l’écriture étaient de Claire-Marie Lievens, assistée de Laraa Van Droghenbroeck
Chorégraphie et danse de Selma Lisein. Avec une musique de Julien Lemonnier.
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